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Piqué sur le site de The Economist grâce à un lien Facebook mis en ligne par Benoît Courtin. Après une petite discussion à trois voix avec un vieil ami commun, j’ai décidé de lui piquer son commentaire pour en faire le titre de cette note.

Le graphique de The Economist est édifiant. Il montre simplement l’état de la dette publique aujourd’hui dans le monde. Il montre également l’ampleur du challenge qui attend nos économies occidentales. Nous sommes assis sur une véritable bombe à retardement qui finira par nous exploser à la figure si nous ne faisons rien. Il ne faut pas être diplomé d’HEC pour le voir…

Face à cette situation, je doute vraiment que toutes les RGPP possibles et imaginables et les suppressions de fonctionnaires soient d’une quelconque utilité face au gouffre sans fond de la dépense publique. Courir après la fin du déficit structurel me semble aussi vain que de poursuivre un fantôme…

Nous sommes confrontés à une situation bien plus problématique qui voit nos dépenses augmenter alors que nos recettes stagnent. Il me semble urgent de réfléchir et d’agir, faute de quoi, c’est l’intégralité de notre modèle social qui va disparaitre… La question de la pertinence de certaines dépenses doit être posée et une réforme en profondeur de notre fiscalité semble urgente.

Plutôt que de réinventer l’eau chaude ou de mettre le développement durable à toute les sauces dans une sorte de greenwashing effréné, je souhaiterai ardemment que le Modem, mais également les autres familles politiques puissent réfléchir sur cette question à l’heure ou notre fiscalité apparait de plus en plus injuste. C’est assurément une problématique d’avenir et un sujet susceptible de réintroduire de l’équité dans une société qui l’est de moins en moins.

logo_lequipe_ft.gifEnfin, trois fois enfin, un peu de concurrence pour l’Equipe. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y en avait bien besoin, vu le niveau transcendentalement dramatique de ce quotidien. Oui, j’avoue je n’y vais pas de main morte, mais faut dire que payer pour avoir une analyse d’un match de foot d’un niveau café du commerce ne donne pas envie de délier sa bourse.

Après ce n’est que mon avis, mais je suis souvent frappé par le parti pris des journalistes (faut virer Jacquet/Domenech), la superficialité de l’analyse (sur les notes, il y a souvent des commentaires du style Réveillère : Match faible) et le manque d’informations fiables (à ce titre, la période des transferts est un must have). Quand je vois en plus qu’en Italie ou en Espagne, des journaux comme Marca écrivent parfois de façon quotidienne plus d’une page sur un vulgaire club de bas de tableau (comme l’AS St-Etienne chez nous par exemple), ça ne me donne pas envie de lire l’Equipe.

Heureusement j’ai envie de dire, cette détestable situation de monopole (qui dure depuis 1988) prend fin aujourd’hui avec la parution de deux improbables quotidiens censés concurrencer le fade mastodonte du groupe Amaury. A ma gauche, le 10 sport, de l’ex furtif président du PSG, Michel Moulin (personnage lui aussi tout à fait improbable au langage fleuri) axé sur le football et les courses hippiques. A ma droite, Aujourd’hui-Le Sport du groupe… Amaury comme l’Equipe avec la même ligne éditoriale.

Alors de deux choses l’une : soit le groupe Amaury, dans un élan de lucidité exceptionnel s’est rendu compte de la médiocrité de l’Equipe et a décidé, dans un instant de sado-masochisme financier de s’auto concurrencer, soit on a affaire à une remarquable entreprise de torpillage d’un éventuel concurrent. Je vous laisse seul juge, mais pour ma part, j’ai ma petite idée la dessus.

Même si je suis particulièrement réservé quand à la profondeur d’analyse de quotidiens annoncés à 50 centimes d’euros avec comme ligne éditoriale le foot et le canasson, je ferai l’effort de lire ces titres et de les comparer avec l’Equipe de demain. Bizarrement et malgré mon fol espoir, je crois que c’est encore le quotidien historique qui sera la mieux.

Les JO de Pékin s’achèvent et l’heure est à la satisfaction dans le camp français. On a atteint les 40 médailles et partout l’on crie au succès. Personnellement, le succès, je ne le vois pas. Ces jeux n’ont certes pas été pires que les précédents sur le plan sportif, quoi qu’encore cela est profondément discutable mais ils ont été consternants sur le plan politique.

Sur le plan sportif tout d’abord, c’est vrai qu’on en a eu des médailles. On a un joli stock de babioles en argent et en bronze. Pas en or. Problème, le classement des médailles est calculé sur la base des médailles d’or… Bilan, on prend le bouillon complet. 7 médailles d’or cette année contre 11 à Athènes. 10ème à Pékin au tableau des médailles, 7ème à Athènes.

Je n’appelle pas ça un succès. A titre de comparaison, nos cousins britanniques finissent 4ème avec 19 médailles d’or et nos amis allemands 5ème avec 16 médailles d’or. Je compare ce qui est comparable, ces deux pays ayant à peu près la même démographie que la notre (bon d’accord, les allemands sont plus nombreux que nous..). Plus grave pour nous, mais aussi pour les européens, Coréens mais surtout Australiens avec des populations plus faibles réalisent des scores surprenants, à savoir 13 et 14 médailles d’or.

Alors certes, on peut contester et dire que je suis de mauvaise foi, les Français ayant rapporté 41 médailles (7ème, si l’on compte uniquement le nombre de babioles, résultat similaire que celui enregistré à Athènes).

Il n’empêche. Il n’empêche que dans un pays comme le notre ou presque tout le monde fait du sport, on a quand même un léger souci.

Bien sur les esprits chagrins vont aussi dire que je suis cocardier et que pour reprendre la célèbre formule du réinventeur des JO « l’important c’est de participer ». Je pense aussi que pour l’image d’un pays, l’important c’est de gagner et de faire rêver. Et c’est l’or qui fait rêver, pas le bronze ou les médailles en chocolat.

Tout cela montre bien qu’on se satisfait de bien peu de choses. La moindre petite victoire pour notre pays, quelque soit le plan sur laquelle celle-ci est enregistrée (sportif, culturel, diplomatique, politique, militaire) devient un succès, et les succès deviennent triomphes. A l’inverse, la moindre défaite devient normale quand elle n’est pas transformée en victoire et les déroutes se muent en défaites ou en « jours sans ».

Plus que les résultats des athlètes qui font ce qu’ils peuvent, c’est donc ici cet esprit du renoncement qui gangrène ce pays que je veux mettre à l’index.

Ce renoncement, on le retrouve partout. Et surtout en politique avec la formidablissime danse du ventre de Nicolas Sarkozy pour ne pas froisser la Chine. Quel consternant aplaventrisme… Et je ne parle même pas du génial tango argentin de Bernard Kouchner avec le Dalaï-Lama…

Non vraiment, ces jeux sont à oublier. Au revoir Pékin et Bonjour Londres, ça ne peut être que mieux. Sauf si nos aigreurs d’estomacs ne sont toujours pas soignées depuis le camouflet que nous ont infligés les anglais lors de l’attribution des jeux.

corne.PNGNos cousins helvètes ont de bien curieux politiciens et des méthodes de communication pour le moins particulières.

En effet, l’Union Démocratique du Centre (UDC) qui comme son nom ne l’indique pas est un parti bien à droite a lancé une campagne internet particulièrement toxique sur www.zottel-game.ch .

Les jeux sont simples : vous incarnez Zottel, un bouc et vous devez sauvez la suisse de respectivement :

  • Les naturalisations abusives (le jeu consiste à empecher que des passeports helvètes tombent dans des mains colorées, tout en tappant sur un militant écologiste)
  • Les étrangers criminels (dans ce jeu il faut virer les moutons noirs, ca ne s’invente pas, et le bus de moutons noirs introduit dans un bus des verts dont le positionnement politique ne plait visiblement pas à ces gens)
  • Les agents fiscaux européens (il faut tirer sur leurs chapeaux)
  • Les arnaques de l’Etat (le but est de ramasser des radars et de tapper sur le militant vert qui impose des limitations de vitesse, décidemment, c’est une manie de tapper sur les verts)

A coté de cet horrible bouillonnement de démagogie, on est tenté de regarder notre sympathique Philippe de Villiers et ses mosquées souterraines avec des yeux plein de gentillesse en priant que des poltiques nocifs du niveau des dirigeants de l’UDC ne se pointent pas dans notre pays.

Depuis quelques jours maintenant, Lyon est l’épicentre d’un séisme politique qui agite le peuple centriste. Y’aura t-il des primaires dans les grandes villes de France ?

Cette question revient, sourde et lancinante telle la douleur avec en trame de fond le ballet des ambitions, sorte de danse nuptiale politique ou les candidats centristes finissent la plupart du temps par sacrifier leurs idéaux au profit de l’un ou l’autre des partis.

Cela est le jeu politique me direz vous. Certes. Cependant, il y a dans cette affaire un relent pour le moins génant d’opportunisme, il y a comme un parfum de chair fraiche ayant provoqué l’envie irrépressible des prédateurs à la petite semaine.

Dans cette affaire, pour moi, la démocratie n’est qu’un pretexte, un sinistre pretexte pour défendre des intérêts partisans, pour servir de malingres ambitions personnelles.

Pendant que certains se drapent de démocratie pour obtenir l’onction du militant lambda, il y a plus grave. La maison brûle.

Continuons encore comme cela quelques semaines et après les municipales, ou même avant, il n’y aura plus de démocrates et plus de centristes. Dans ce cas, nous serons rayés de la carte politique, non pas par l’action des autres mais par notre propre médiocrité.

Le combat du Mouvement Démocrate, celui qui a convaincu des millions d’électeurs n’est pas celui d’intérêts partisans. Il n’est pas celui d’un poujadisme bon teint surfant sur la vague des bobos pas plus qu’il est celui qui pousse mécaniquement dans les bras du PS.

Entendons nous bien. Nos idées valent la peine d’être défendues. Je pense que le combat des démocrates est celui ci : dire la vérité. Je ne veux pas plus d’une alliance automatique avec le PS qu’avec l’UMP. Je veux que nous devenions ce que nous sommes : des citoyens libres d’agir en conscience.

Nous nous trompons d’objectif. Notre but ne doit pas être des primaires, sorte de foire d’empoigne ou des barons locaux, ceux la même que certains critiquent souvent à tort, gagneront presque à tous les coups . Notre but doit être d’avoir une démocratie vivace à tous les niveaux du Mouvement Démocrate, à commencer par sa tête. Nous devons sortir de l’hyper centralisation des pouvoirs internes et faire émerger des talents et une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques. Pour cela, plutôt que des primaires locales qui ne sont que la somme d’intérêts divergents particuliers, je préfèrerai nettement une élection interne lors du congrès basée sur des listes et des projets organisationnels cohérents. Seule cette solution permet de dépasser ces intérêts individuels pour leur substituer une force collective saine. La seule qui nous permettra de construire un mouvement habité par les idéaux d’humanisme.