Critiques ciné : Fantastic Mr Fox, Ghost Writer et Daybreakers

Je crois que l’une des choses que je supporte décidément de plus en plus mal au cinéma est, sans conteste, le dégré hallucinant de béatitude sous acide des critiques lorsqu’ils jugent un film d’animation. Par principe, un Pixar est un chef d’oeuvre devant lequel le pauvre spectateur se doit de se prosterner. Par principe aussi, si le film d’animation est réalisé par un type connu le panégyrique sera la seule critique possible(sauf si c’est Besson, là par principe, ce sera une merde infâme). Selon ces données, relativement simples, Fantastic Mr Fox est donc remarquablement génialissime. Oui oui : il est réalisé par Wes Anderson (Darjeeling Limited, pour ne citer que lui), sur une histoire entre un Wallace et Gromit et un Chicken Run. Comme en plus, il y a des vrais morceaux de Geroges Clooney dedans (la voix de Mr Fox), je ne vous dit pas à quel point les critiques sont en transe. Sauf que malheureusement, moi, je me suis limite fait chier dans mon cinéma devant ce film, certes sympathique, mais extraordinairement surcoté. Même la musique de Desplats est moyenne, lui qui crée des véritables perles… Niveau film d’animation, il ne me reste plus qu’à attendre La Revanche du Petit Chaperon Rouge, la suite de l’extraordinaire La Véritable Histoire du Petit Chaperon Rouge. Mon conseil : à ne pas voir, à fuir, sauf si vous aimez les blaireaux et les castors et les renards.

Concernant Ghost Writer, j’ai vraiment apprécié. On ne s’y ennuie pas une seule seconde. Pourtant, je dois l’admettre, j’ai flippé : je pensais que le film avait été récompensé à Berlin, essentiellement en guise de soutien moral à Polanski ou pour faire chier la Suisse. C’est la mode actuellement, de faire chier la Suisse. Le film est très bon, l’intrigue est certes un peu légère, un peu cousue de fil blanc, mais on ne peut pas sortir un Seven ou un Sixième Sens tous les jours non plus, niveau thriller. Les acteurs sont impeccables, Pierce Brosnan et Ewan Mc Gregor sont particulièrement à l’aise, on ne les imagine pas un seul instant en James Bond ou en Obiwan Kenobi. L’atmosphère, mi confiné, mi stressante m’a fait un peu pensé à celle de La Neuvième Porte, à moins que ce ne soit le rapport à l’écriture et à la littérature qui ait induit cette réaction. Toujours est-il que j’ai apprécié ce film, mis en scène avec un talent fou par Polanski. C’est certes très classique, mais c’est justement cela qui fait la force du film : il ne ment pas. Mon conseil : A voir en imaginant ce que Tony Blair dirait s’il était inquiété par le tribunal pénal international.

Dernier film que j’ai vu récemment, Daybreakers. Si vous me lisez, vous devez savoir que je suis addict aux films de zombies et dans une moindre mesure à ceux de vampires. Je n’en loupe pas un. C’est donc avec joie que je suis allé voir Daybreakers, non sans appréhension d’ailleurs et avec une certaine crainte du nanard galactique dans le genre Wolfman. On a toujours raison d’avoir peur lorsque un film est vendu par comparaison à quelques films à succès. En l’occurrence, Daybreakers comme était annoncé comme la fusion entre Matrix et 28 jours plus tard… Bon, Daybreakers, ce n’est bien sur ni Matrix, ni 28 jours plus tard : c’est clairement pas au niveau. Mais on ne s’y fait pas chier, et il y a de rudement bonnes idées. Le générique , au début du film, passée la scène introductive qui fait craindre le pire, est admirable de créativité. Plutôt que de reprendre les codes du genre, c’est tout un univers qui a été pensé : les vampires sont des humains contaminés qui vivent le plus normalement du monde…. La nuit… En journée, par exemple, tout ce beau petit monde se ballade dans des voitures équipées de dispositifs anti-UV pour éviter le coup de soleil… Et des petites inventions comme celle-ci, le film en est truffé. Ce surplus d’inventivité rare et bienvenu aide à faire oublier une réalisation ou le gore est employé à mauvais escient et ou certains dialogues ou plans sont indignes d’un film professionnel. Mon conseil : A voir, comme tous les films de zombies et de vampires, parce que c’est marrant.

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No comment

Aller… Un commentaire finalement, je ne peux pas m’en empêcher : fallait vraiment oser. Le Modem qui vend des balles anti-stress, c’est un peu comme si le PSG vendait des ballons de foot…

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Critiques ciné : Wolfman et Shutter Island

On commence par Wolfman. Vous le savez, c’est l’année des vampires et du retour des styles romantiques et gothiques. Pour ne citer que quelques exemples, on a eu droit à Twilight au cinéma (que je n’ai pas vu), à la fort moyenne suite de Dracula et à La Lignée un roman de Guillermo Del Toro écrit pour être porté à l’écran. Enfin, pour bien commencer 2010, Sherlock Holmes fut revisité avec succès dans les salles obscures.

Que fait donc un studio de cinéma qui se respecte lorsqu’il n’a pas la main sur un scénario alléchant et qu’il a peur de se faire viander par la concurrence ? Et bien il en crée un, réunit un casting de choc, fait une publicité de malade pour bouffer le marché du voisin et tenter de surfer sur la vague. Souvent, le résultat est décevant. Wolfman n’échappe pas à la règle. La seule chose qui sépare ce film de la misère la plus totale est Hugo Weaving qui parvient tant bien que mal à s’en sortir dans le rôle d’Abberline. Pour le reste c’est l’échec. Pourtant, le casting était joli. Bénicio Del Toro, Emily Blunt, Anthony Hopkins, Hugo Weaving devant la caméra, Joe Johnston derrière et Danny Elfman à la musique. Les acteurs sont pourtant consternants (à part donc Hugo Weaving), comme en roue libre, s’ils jouaient sans réalisateur. C’est l’occasion donc de dire tout le bien que je pense de Joe Johnston qui se contente de gros plans ridicules et qui sombre dans le gore innoportun. Quant à la musique, je pense que c’est un homonyme de Danny Elfman. Pas possible autrement. Si la seconde partie de film parvient à sauver ce qui peut être sauvé, la première heure enchaine les plans débiles et les répliques risibles avec la précision d’un coucou suisse. A éviter.

Il faut en revanche que vous alliez voir Shutter Island. Adaptation du roman du même nom que je n’ai pas lu, ce film de Scorsese doit être vu. On peut ne pas aimer l’adaptation, la multitude de flashbacks, mais une fois sortie de la salle, ce film parvient à nous faire cogiter et à remettre en perspective chaque scène, chaque plan. C’est dans ce phénomène assez rare que tient le génie de Scorsese : captiver le spectateur longtemps après la fin de la projection. Shutter Island, c’est un voyage vers la folie. Et sincèrement, je ne dirais pas que l’on devient fou après avoir vu le film, mais assurément, il fait parti des rares long-métrage qu’il ne faut pas voir seul à la dernière séance par 0° dehors. Enfin c’est mon opinion.

Sur le plan technique aussi, certains plans sont hallucinants : l’arrivée sur l’ile est certainement cinématographiquement parlant celui-qui m’a le plus marqué depuis le début de l’année. La première heure de film est parfaitement aboutie. C’est un régal, la quasi perfection. Sérieusement. La deuxième heure est légèrement plus chaotique. Un vrai film à voir tout de même.

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La lose…

Edit : Nouvelle vidéo, Dailymotion ayant encore supprimée l’autre… On entend moins bien les commentaires. Donc lisez la retranscription ci-dessous :)

Marion Rolland, mieux que Brian Joubert. La France qui gagne. A ne pas rater : le commentaire du journaliste de France 2. Exceptionnel. Un grand moment.

« les espoirs de la descente française sont sur ses épaules, qu’elle a solides… ah bah non, non, qu’elle a pas solides du tout, oulalalala, c’est horrible parce que ces images là vont faire le tour du monde… »

Et elle se fait les croisés en prime… Y’a des jours, faut mieux rester couché. Aller, inutile de l’accabler, elle aura très certainement plus de réussite la prochaine fois…

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Critique ciné : La Horde

Celui là, je l’attendais et je n’ai pu le voir que ce soir. Un film de zombies français, bien de chez nous. Il faut dire que ça dénote un peu dans le morne paysage du cinéma français. Pour reprendre à mon compte les vannes des Guignols sur Canal +, on est quand même plus habitué à des films du style « Il pleut ne t’en va pas » ou « Le train part, attends moi » qu’à des séries Z bien gores, ou du cinéma d’auteur un tantinet allumé. Et pourtant, il peut y avoir des petites perles… Je me souviens notamment de l’hallucinant Calvaire du belge Fabrice du Welz, qui a malheureusement à la suite de ce petit bijoux, commis l’irréparable avec Vinyan, une daube proprement abyssale. Bon, je citerai encore le vomitif A l’Intérieur, qui pour le coup, (et pourtant je suis vraiment très libéral) méritait bien son interdiction aux moins de 16 ans mais je me perds…

La Horde a un synopsis à faire envie à tout adorateur de série Z, à mi-chemin entre le Romero et le Carpenter : des flics veulent se venger de racailles barricadés dans un ravissant HLM de la banlieue nord parisienne (le 9-3 quoi). Lors de la descente qui se passe horriblement mal, flics et cailleras doivent, pour les besoins de la cause, s’acoquiner pour buter du Zack. Car oui, dehors, c’est l’Apocalypse, les morts se relèvent, et ça sent bigrement mauvais. Le tout est évidemment prétexte à un déchainement sans nom d’hémoglobine, de membres tranchés (mention spéciale à la scène de la voiture), de fusillades explosives et mêmes de bons mots entre le Banlieue 13 et l’Orange Mécanique (mais plutôt Banlieue 13, il faut rester lucide).

C’est aussi le prétexte d’une fable sociale assez maladroite, sur le délabrement des cités, la subculture et les ghettos urbains. Même si cela part de bonnes intentions, c’est foutrement mièvre et mal amené. On sent que les scénaristes débutent et que c’est un premier film. Mais c’est aussi cela qui rend La Horde relativement jouissif. Sur le plan technique, c’est correct. La photo fait un peu BD, je ne suis pas fan, mais ça reste bien. Le son est par contre assez minable et le rap pourri en guise de générique de fin fait un peu peine… C’est dommage, le film aurait vraiment pu être beaucoup mieux avec une musique moins convenue et plus enlevée.

Bilan des courses : un premier film assez prenant. Une vraie série Z avec tout ce qu’on lui demande. Ça se laisse regarder sans réfléchir, c’est vraiment drôle, notamment quand le vieux survivant de Dien Bien Phü raconte des conneries plus grosses que lui et tire à la mitrailleuse lourde sur les zombies. Le mieux, c’est peut être en fait que le scénario répond aux codes du genre et ne fait pas de cadeaux. Ça me fait plaisir de voir ce genre de films et ça me fait d’autant plus plaisir lorsqu’ils sont français car c’est trop rare. J’espère que les producteurs referont rapidement ce genre de paris.

Mon conseil : film à voir, après une engueulade avec son patron/copain/copine/les soirs de dépression nerveuse ou de défaite de l’OL.

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