Ensemble tout devient possible… ou pas…

En 2006, après son sacre, Royal caracolait en tête des sondages, atteignant parfois le score impensable de 60% d’intentions de vote contre Nicolas Sarkozy. 2007 semblait être imperdable : tous les éléments étaient réunis pour porter pour la première fois de l’histoire une femme à L’Élysée. Ce seul élément était d’ailleurs un atout maître dans la manche de Ségolène Royal. Le ras le bol face à une droite molle et la défiance élevée vis-à-vis de l’exécutif auquel appartenait Nicolas Sarkozy en étaient d’autres. Et pourtant le PS s’est viandé. En beauté. 2007était la suite logique de 2002. L’histoire d’un échec, largement imputable à la taille gargantuesque du PS, premier parti de France et de loin. En 2007, personne n’avait intérêt à ce que Royal triomphe. Ni les « éléphants » qui auraient vu leur influence diminuer, ni les « barons locaux ».

Tout comme le ministre, l’élu local tient à sa C6 de fonction. Tout ce petit monde a donc mis une mauvaise volonté rare à soutenir la candidate socialiste. La primaire de a laissé un goût amer dans la bouche du PS et nombre de cadres n’ont accepté de voir débarquer, pour l’élection, des cohortes de militants à 20€, devenus ectoplasmiques suite à la présidentielle.

2012 peut-il être le remake parfait de 2007 ? Un ami socialiste me confessait récemment « qu’il n’avait aucun doute sur la capacité du PS à se vautrer complètement » l’an prochain. Pour perdre en 2012, le PS devra tout de même déployer un certain talent dans la défaite tellement Nicolas Sarkozy part de loin.. Et pourtant, malgré les sondages, tout se passe comme si, le Président actuel avait déjà gagné alors qu’on ne peut pas dire que les français le portent dans leur coeur. On ne sent pas une grosse motivation côté socialiste. Le PS semble avoir peur de son ombre, peur de ses mauvais fantômes. Il porte également comme un cancer ses dissensions internes. Alors qu’il suffirait presque d’adouber dès à présent François Hollande, qui tient la corde pour concurrencer Sarkozy, les socialistes préfèrent se lancer dans une primaire ou le principal jeu des médias et de la droite sera d’enfoncer des coins entre Hollande, Aubry, Valls et Montebourg…

Autre difficulté politique, la volonté affichée de créer en cas de victoire un gouvernement paritaire et resserré (on va dire vingt, voire trente membres, même si trente ce n’est pas resserré). Cela ne va pas encourager éléphants et barons à se mouiller : une fois réservées quinze places aux femmes, il en reste quinze pour les hommes auxquelles il faut retrancher les trois écologistes, le radical de gauche de permanence, le communiste de service, le centriste d’ouverture voire le chevènementiste repenti et les deux société civile « pour faire bien ». Reste donc sept portefeuilles : mais là encore, comme il convient de laisser une place de choix à Laurent Fabius en tant qu’ancien Premier Ministre et récompenser un jeune loup… Reste donc cinq places pour les légions d’éléphants et de barons. Vu les troupes, ça va en vacciner plus d’un de se mouiller… l’éléphant comme le baron sont des humains avant tout : ils voient leurs intérêts et quelque part, on les comprend.

Si le PS ploie sous le poids de ses talents et de ses chefs, locaux ou nationaux, à l’UMP, c’est plutôt la dèche. Des barons locaux ? Y’en a plus. Des stars nationales ? Une fois que l’on enlève Copé, Fillon et Kosciusko-Morizet… on ne croule pas sous les cadors, sauf à considérer Frédéric Lefebvre et Nadine Morano comme tels… Autant dire que le stock impressionnant de députés godillots et de backbenchers a plutôt intérêt à s’activer les fesses, sinon ce sera le retour rapide à l’anonymat complet. Même si l’UMP est aujourd’hui plus divisée que jamais et que beaucoup déplorent mezzo vocce la dérive droitière de Sarko, il y a fort à parier qu’ils feront tous front derrière le Président.

Entre un PS encore bien malade de lui-même, avec un candidat qui va subir un impressionnant « rolling thunder » médiatique pendant des mois (entre les histoires de fesses et les histoires de fric ) et une UMP qui va faire bloc, le duel n’est peut-être pas si déséquilibré que cela…

Reste à voir le programme. Et peut-être qu’il marquera le retour des idées après une longue période d’absence.. Contrairement à 2007, plus question apparemment de raser gratis. Quand on n’a pas de fric à donner, on donne du symbole, donc du clivage. A gauche, le joint, le mariage gay et les intellectuels bons à entarter. A droite, l’ordre moral, la sécurité, la fiscalité, la place de la France (prévoyez les exhumations de Gaullistes) et Eric Zemmour. Un affrontement jeunes/vieux donc et quand on sait que l’âge de l’électeur moyen dépasse les cinquante ans, l’UMP est plutôt en force…

Donc oui, en dépit des apparences, 2012 peut-être pour le PS le remake de 2007. A la différence près qu’en 2007, l’arbitre s’appelait François Bayrou et que cette fois, il s’appellera Marine Le Pen. C’est nettement moins sympathique.

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Cette année, ça va claquer !

En 2010, deux méga blockbusters vidéoludiques que j’attends avec une certaine impatience vont sortir sur nos ordinateurs. En guise de teaser, voici les deux vidéos, assez hallucinantes, de Starcraft II et de Civilization V.

Pour résumer, Civilization, c’est une série mythique, créée par Sid Meier, où il s’agit de présider à la destinée d’une Civilisation, depuis 4000 avant JC jusqu’au temps futurs. J’ai commencé pour ma part sur Civnet en 1995 sur un Packard Bell Corner… Cela fait 15 ans… Je dois dire que, même après tout ce temps, après avoir joué à toutes les versions possibles et imaginables de la série, le trailer du cinquième opus me met l’eau à la bouche et me donne des fourmis dans les doigts.

Starcraft II comme son nom l’indique, est la suite de Starcraft, crée après Warcraft II par le génial studio Blizzard (C’est facile, à part World of Warcraft, auquel je n’ai pas accroché, je suis fan de toutes leurs créations depuis 1995 et le grandiose Warcraft II). Starcraft est un RTS (Real Time Strategy) qui oppose les Terrans (des terriens quoi), des Protoss (des ET surévolués mais peu nombreux) et des Zergs (des insectes assez bourrins, façon Starship Troopers). Ici vous voyez le teaser Zerg.

Ces vidéos sont magnifiques. C’est dingue ce qu’on réussit à faire… Rendez vous à l’automne pour Civilization V et on l’espère cet été pour Starcraft II.

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Parler de l’Europe à l’imparfait

Elle était belle, cette idée. Et pourtant, elle se meurt. Même si une nouvelle fois, l’Europe parvient, par miracle, à sauver les apparences, nul doute que le rêve d’une Union Européenne forte se sera définitivement envolée entre les années 2009 et 2010.

Assurément, la nomination de Van Rompuy, traité de « serpillère humide » par le leader des extrémistes anglais (il faut quand même avouer que la phrase à fait hurler de rire toute l’Europe, les ricanements étant à peine étouffés par son dérapage douteux sur la Belgique) et d’Ashton, aussi utile qu’un pacemaker sur un cadavre, avaient déjà portés un sérieux coup à cette pauvre Union…

On aurait pu s’arrêter là, : la saison 2009/2010, pour reprendre une métaphore sportive, étant déjà un total désastre. Mais l’Allemagne a visiblement décidé d’en finir avec l’Union. Car il faut être clair : pousser la Grèce dans les bras du FMI, comme vient de le faire aujourd’hui Berlin s’apparente ni plus ni moins qu’à un assassinat en règle de l’idée même d’Union Européenne.

Déjà infoutue de régler un conflit à une heure d’avion de ces frontières (je ne citerai que le Kosovo…), complètement incapable de prendre une décision politique forte, voilà que nos courageux Etats européens vont laisser tomber comme une vieille chaussette le soldat grec, sous la pression des opinions publiques nationales et par frilosité politique.

A ce niveau là, ce n’est plus de l’impuissance : c’est de la bêtise. Quelle crédibilité peut avoir une Union qui abandonne un de ses membres ? Quelle image peut renvoyer cette union auprès des citoyens européens ? En plus quelles difficultés y’a t-il pour garantir à la Grèce un taux d’emprunt acceptable, vu les efforts consentis ? Qu’est ce que cela coûte ? Rien, si ce n’est un nécessaire courage…

C’est bien la peine de faire des beaux discours sur l’ Europe, de se foutre de l’avis des peuples européens que l’on fait revoter quand on le souhaite, quand on ne s’assoit pas purement et simplement sur leur décision… C’est bien la peine d’avoir une monnaie unique, C’est bien la peine d’avoir une jolie hymne, une jolie devise « Unis dans la diversité » pour laisser tomber son voisin au premier coup de grisou. Bravo…

Même moi, profondément pro-européen, je ne vais pas tarder à laisser tomber…

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Un soir, à la préfecture

A la fin de la soirée, il reste dix personnes dans le grand salon de la préfecture. Dix personnes. Elles se détestent toutes. Et pourtant, elles ont toutes fait l’inoubliable campagne de 2007.

2007… Le début de l’éternité. Le début d’un rêve transformé en cauchemar. Dans ce grand salon, sous les ors de la République, à 23h30, il en restait dix, dix survivants de 2007.

Comme figés dans une atmosphère de fin du monde. ils n’étaient, nous n’étions, qu’invectives, imprécations, haines et vendettas. Des loups qui s’entredévorent dans un jardin en ruine.

Celui-ci soutient le PS, eux ont fait le choix de l’UMP par le truchement du Nouveau Centre. Il y a ceux qui sont restés au Modem en espérant monter sur le navire socialiste et enfin ces autres, dont je suis, qui ne savent plus trop ce qu’ils pensent, à force d’avoir trop pensé…

Un gâchis humain terrifiant. Et pourtant… Il y avait la place, de faire quelque chose au centre. Un vrai parti, pas croupion comme le Nouveau Centre de 2007, pas fanatisé comme l’est devenu le Modem. Pas vissé à l’écologie comme peuvent l’être les Verts.

De cet espoir, il ne reste que des yeux injectés de haine. Du dédain et du chagrin. Et une longue marche, pour recréer quelque chose, entre la gauche et la droite. Oh, les gens finiront bien par le voir, un jour. Grèce, dette, retraites… Qu’il était beau, ce programme de 2007… Qu’elle était triste, cette soirée d’hiver…

A des temps meilleurs…

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Critiques ciné : Fantastic Mr Fox, Ghost Writer et Daybreakers

Je crois que l’une des choses que je supporte décidément de plus en plus mal au cinéma est, sans conteste, le dégré hallucinant de béatitude sous acide des critiques lorsqu’ils jugent un film d’animation. Par principe, un Pixar est un chef d’oeuvre devant lequel le pauvre spectateur se doit de se prosterner. Par principe aussi, si le film d’animation est réalisé par un type connu le panégyrique sera la seule critique possible(sauf si c’est Besson, là par principe, ce sera une merde infâme). Selon ces données, relativement simples, Fantastic Mr Fox est donc remarquablement génialissime. Oui oui : il est réalisé par Wes Anderson (Darjeeling Limited, pour ne citer que lui), sur une histoire entre un Wallace et Gromit et un Chicken Run. Comme en plus, il y a des vrais morceaux de Geroges Clooney dedans (la voix de Mr Fox), je ne vous dit pas à quel point les critiques sont en transe. Sauf que malheureusement, moi, je me suis limite fait chier dans mon cinéma devant ce film, certes sympathique, mais extraordinairement surcoté. Même la musique de Desplats est moyenne, lui qui crée des véritables perles… Niveau film d’animation, il ne me reste plus qu’à attendre La Revanche du Petit Chaperon Rouge, la suite de l’extraordinaire La Véritable Histoire du Petit Chaperon Rouge. Mon conseil : à ne pas voir, à fuir, sauf si vous aimez les blaireaux et les castors et les renards.

Concernant Ghost Writer, j’ai vraiment apprécié. On ne s’y ennuie pas une seule seconde. Pourtant, je dois l’admettre, j’ai flippé : je pensais que le film avait été récompensé à Berlin, essentiellement en guise de soutien moral à Polanski ou pour faire chier la Suisse. C’est la mode actuellement, de faire chier la Suisse. Le film est très bon, l’intrigue est certes un peu légère, un peu cousue de fil blanc, mais on ne peut pas sortir un Seven ou un Sixième Sens tous les jours non plus, niveau thriller. Les acteurs sont impeccables, Pierce Brosnan et Ewan Mc Gregor sont particulièrement à l’aise, on ne les imagine pas un seul instant en James Bond ou en Obiwan Kenobi. L’atmosphère, mi confiné, mi stressante m’a fait un peu pensé à celle de La Neuvième Porte, à moins que ce ne soit le rapport à l’écriture et à la littérature qui ait induit cette réaction. Toujours est-il que j’ai apprécié ce film, mis en scène avec un talent fou par Polanski. C’est certes très classique, mais c’est justement cela qui fait la force du film : il ne ment pas. Mon conseil : A voir en imaginant ce que Tony Blair dirait s’il était inquiété par le tribunal pénal international.

Dernier film que j’ai vu récemment, Daybreakers. Si vous me lisez, vous devez savoir que je suis addict aux films de zombies et dans une moindre mesure à ceux de vampires. Je n’en loupe pas un. C’est donc avec joie que je suis allé voir Daybreakers, non sans appréhension d’ailleurs et avec une certaine crainte du nanard galactique dans le genre Wolfman. On a toujours raison d’avoir peur lorsque un film est vendu par comparaison à quelques films à succès. En l’occurrence, Daybreakers comme était annoncé comme la fusion entre Matrix et 28 jours plus tard… Bon, Daybreakers, ce n’est bien sur ni Matrix, ni 28 jours plus tard : c’est clairement pas au niveau. Mais on ne s’y fait pas chier, et il y a de rudement bonnes idées. Le générique , au début du film, passée la scène introductive qui fait craindre le pire, est admirable de créativité. Plutôt que de reprendre les codes du genre, c’est tout un univers qui a été pensé : les vampires sont des humains contaminés qui vivent le plus normalement du monde…. La nuit… En journée, par exemple, tout ce beau petit monde se ballade dans des voitures équipées de dispositifs anti-UV pour éviter le coup de soleil… Et des petites inventions comme celle-ci, le film en est truffé. Ce surplus d’inventivité rare et bienvenu aide à faire oublier une réalisation ou le gore est employé à mauvais escient et ou certains dialogues ou plans sont indignes d’un film professionnel. Mon conseil : A voir, comme tous les films de zombies et de vampires, parce que c’est marrant.

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